3 Cosas

3 Cosas

Tio Manuel

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PLAYLIST

Si le dernier opus de Tio Manuel s’est laissé (un peu longuement) désirer, l’attente valait la peine ! Disponible le 12 mars 2008 et troisième volet des aventures du Tio aux Amériques, 3 cosas nouvel album du combo rock-latino parisien nous emmène sur d’autres terrains, de jeux, de conflit, d’espoir aussi.

Valeur sûre de la scène parisienne, Manu Castillo aka Tio Manuel a été en son temps le guitariste de Wunderbach, groupe punk du tout début des années 80, reformé pour un Ultime Pogo Tour en 2005 ; avec 3 cosas il nous offre une synthèse aboutie de ses multiples influences musicales, en digne héritier d’un Strummer ou d’un Neil Young, ici revisité avec talent (Cortez the killer). Quand Rumba Urbana(2002) nous entraîne dans une sarabande enjouée, entre ska et flamenco-reggae, ¡Asi es la vida! (2004) tout en gardant sa rythmique reggae-rock, est le prélude du 3e album, plus blues, plus posé. 3 cosas est un plaidoyer pour la jeunesse déshéritée, la rencontre avec l’autre, le respect des origines, avec une tonalité nettement plus radicale portée par une guitare souvent rageuse, parfois nostalgique.

La première chanson, Yoruba, mise en musique d’un texte de Nicolas Guillén, donne le ton. Avec ce « son », Tio Manuel nous surprend avec une rumba langoureuse mais fortement charpentée, puisant sa force dans la passion des Cubains pour leur terre. À la fois rappel des origines africaines et invitation au métissage tous azimut, ce morceau présente tous les thèmes développés dans les suivants : rencontres improbables aux confins de la civilisation, de la jungle maya (SPS) à la frontière américaine sur le rythme lentement syncopé et la guitare slide de La Vuelta, des « quartiers brûlés »,Barrio Quemao, aux faubourgs métissés des grandes métropoles nord-américaines. Walking warrior lance l’offensive, avec des accents résolument rock, hymne des déracinés et des illégaux, suivi de ¡A acabar! (En finir !), chant de révolte dédié aux enfants-soldats de par le monde. SPS revisite le mythe du Nouveau Monde, par une guitare charmeuse qui nous ballade dans la nature sauvage du Honduras et nous mène en compagnie de la niña Rosa hors de la ville-barbelée vers la mer Caraïbe, fantasme d’un ailleurs possible (les USA). Làs, la réalité nous rattrape au détour d’un dub urbain, instrumental à l’harmonica (Barrio dub). Plus au nord à ATX, on pénètre dans l’îlot démocrate d’Austin Texas, à l’occasion du SXSW, festival où se sont défiées les guitares des redoutables Cuban Cowboys new-yorkais avec notre Spanish cowboy parisien. Retour au bercail avec Political Dub, farce manichéenne de 2 voix slamant de façon désinvolte sur un reggae enlevé. Puis retour aux jeunes années avec 3 cosas, (tresse cossas) antienne psychédélique sur l’enfance, ses exigences, ses attentes… Celles-là mêmes reprises dans Barrio Quemao où Tio Manuel dévoile avec une certaine gravité sa jeunesse intrépide, borderline mais somme toute assez heureuse dans ces cités de banlieues si fragilisées. Le voyage est presque terminé. Après nous avoir débarqué au Mexique en 1519, Tio Manuel nous rappelle ce que la maturité lui a enseigné : long est le chemin de la reconstruction et les blessures laissées à nos enfants sont autant de cicatrices… Protéger l’enfance, ceux que nous élevons, ceux que nous oublions, ceux que nous massacrons, qui sont notre futur. Maturité apaisée et vigilance intacte ; un regard parfois désenchanté mais toujours fasciné sur l’univers américain.

Although Tio Manuel’s latest opus has long been awaited, it has been worth the wait ! Available on March 12th, 2008, this third part of Tio’s adventures in the West Indies, 3 Cosas, the new record of the Parisian Latin-rock band, takes us to a new playing field, an area where conflict meets hope.

Manu Castillo, celebrated artist of the Parisian scene, is the former guitarist of Wunderbach, a punk band in the early eighties which eventually reunited for the « Ultime Pogo Tour » in 2005. With 3 cosas, Manu presents a crafted synthesis of his many influences, among which is an assumed legacy of Joe Strummer or of Neil Young, for example in Cortez The Killer. Whereas Rumba Urbana(2002) takes us into a joyful sarabande of ska and flamenco-reggae,¡Asi es la vida! (2004), while sticking to the reggae-rock beat, marks the transition between the first period and the more blues-oriented one of this third record. 3 cosas is a plea for deprived youth, the discovery of foreign cultures and respect for their roots, although it comes in a more radical tone, supported by guitars that range from gritty to nostalgic.

The first track, Yoruba, with lyrics from Nicolas Guillén, sets the general frame. With this « Son », Tio Manuel surprises us with a languid and yet heavily outlined rumba, related to the Cubans’ passion for their own land. This song, an invitation to a full range crossover as well as a recall of their African roots, introduces all the themes addressed in the album : unlikely encounters at the boundaries of civilization, from the Maya jungle (as in SPS) to the American border (the slow rhythm and the slide guitar of La Vuelta), from the wasted neighbourhoods (Barrio Quemao) to the suburban melting pot of the huge North American metropolises. Walking Warrior, with its definitely rock tone, launches the attack. It’s an anthem for the uprooted and illegal. Then comes ¡A Acabar!, a rebellion chant dedicated to child soldiers all over the world. SPS is a different approach to the myth of the New World, promoting the fantasy of a possible elsewhere with a charming guitar that leads us into the wilderness of Honduras and smuggles us with Nina Rosa out of the barbed-wire-encircled town into the Caribbean Sea. Alas, reality catches up in the form of a harmonica-dominated urban dub,Barrio Dub. Further north, we get into the Democrat sector of Austin, Texas, at the SXSW Festival, where our Parisian ‘Spanish Cowboy’ challenges the awesome Cuban Cowboys from New York in a guitar battle song called ATX. Back to the roots with Political Dub, a Manichean satire with two voices slamming casually on a reggae beat. Then 3 cosas, a psychedelic psalmody on childhood, its demands and its expectations… The very same issues Tio Manuel addresses in Barrio Quemao, where he unveils his own bold and yet light-hearted youth in the suburbs of Paris, when he was flirting with the limits. The journey is about to end. After landing us on the shores of Mexico in 1519, Tio Manuel reminds us what maturity has taught him : the path to reconstruction is a long one and the wounds we leave to our children are as many scars… Protect childhood, those we raise, those we forget, those we slaughter, those who are our future. A soothed maturity and an undiminished watchfulness ; a sometimes disenchanted but yet fascinated vision of the Americas.